entrer en résonance

les paysages à contempler

Quand je pense à la montagne,

je pense à de longues contemplations.

 

Je sens le soleil tenter l’impossible,

me réchauffer.

Je vois l’épais manteau neigeux qui m’entoure continuer d’accueillir

les flocons qui tombent, de plus en plus nombreux.

 

Je devine l’immensité de glace et ses dangers

s’effacer sous cette couche tellement plus douce.

Je savoure cette solitude sereine,

dans le doux murmure du silence, ou envahi par le vent.

 

Je repense aux bénédictins.

Je comprends les chartreux.

J’imagine les bouddhistes.

 

On ne peut pas parler

des dimensions de ce paysage

sans aborder la question

du surnaturel.

 

Les hommes se sont pour la plupart

établis dans de beaux endroits,

mais à des altitudes raisonnées,

des vallées ou de hauts plateaux accessibles.

 

Au-delà la nature est restée sauvage,

et à partir d’une certaine altitude on parle de haute montagne,

à savoir, le domaine des neiges éternelles,

là où la nature abandonne le végétal, pour ainsi dire la vie, les déserts biologiques.

 

Le spectacle

qu’elle nous procure alors

est saisissant

et ne peut se voir que dans ces lieux.

 

Je parle de surnaturel pour cette partie de la montagne

car c’est un paysage au-delà de la nature

sémantiquement, au-dessus

qui éveille en nous des sentiments profonds, intenses.

 

Les hautes montagnes sont depuis toujours de hauts lieux spirituels.

Il me semble impossible d’envisager ce paysage

sans prendre en compte cette dimension très présente,

qui se traduit par des désirs tels que le silence, la contemplation, la sérénité.

 

Un paysage à contempler.

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ermitage à Katmandou, Himalaya

© Matthieu Ricard, 2007