entrer en résonance

les paysages aménagés

Quand je pense à la montagne,

je pense au relief.

 

Je pense à une route taillée dans la montagne,

pour accéder d’une vallée à une autre,

où l’on pourrait presque voir sur le flanc mis à nu,

chaque entaille pratiquée par l’homme.

 

Je pense aux cols

dont les noms retiennent l’attention,

qui parfois dépassés par les conditions et l’abondance de neige,

demeurent inaccessibles.

 

Je pense à cette étendue d’eau

que l’on découvre après de longs et pénibles virages dans une vallée profonde.

Le paysage s’est ouvert, comme si des rideaux s’étaient écartés,

l’espace se dilate et nous offre le spectacle d’un lac mi-gelé où le soleil abonde.

 

Quelques centaines de mètres plus loin,

ce spectacle que l’on aurait pu croire naturel,

s’arrête net sur un ouvrage démesuré, rapporté,

presque à l’échelle de la montagne.

 

Je pense à ce refuge,

accroché à son éperon rocheux,

seule émergence au milieu de grandes étendues de glaces,

auquel on accède après une longue et exigeante ascension.

 

Cette cabane,

tenue par 4 haubans,

semble bien fragile et comme dépassée par son environnement.

Cet ouvrage semble lui bien peu à l’échelle.

 

Une des dimensions du paysage de montagne est sa dimension physique :

l’espace,

l’échelle,

l’héritage visible.

 

Dans ce paysage,

La démesure de la montagne

accentue la mesure de l’homme,

qui prend conscience de sa fragilité.

 

Un paysage aménagé.

resonance amenage atelierpng

refuge de l’Aigle, Massif des Ecrins

© collectif Jurazimut, 2009